Ultra-Trail et Ostéopathie

UN PEU D’HISTOIRE…

 

Un Ultra-Trail est une compétition sportive de course à pied en milieu naturel (montagne, forêt, plaine, désert, milieu polaire) avec un maximum de 20% du parcours en route goudronnée. La conception de la distance en ultra-trail diffère en fonction des coureurs et de la littérature. On parle d’ultra-trail au-delà de 65km pour les traileurs débutants et 100km pour les plus confirmés. Pour l’ITRA (International Trail Running Association), c’est au-delà de 80km contre 42km pour la FFA (Fédération Française d’Athlétisme).

 

Ostéopathie
Gordy AINSLEIGH – 100 miles de la Western States Trail Ride

Le Trail, sous sa forme « Ultra », est né en 1976 avec Gordy AINSLEIGH. Cet homme était un cavalier d’endurance équestre américain et l’un des meilleurs  en « Ride & Run » (Un cheval, 2 personnes qui se relaie, l’un monte pendant que l’autre
cavalier cours à coté) dans les années 70. Après plusieurs déboires avec son cheval et un abandon en 1973, il décide en 1974 de prouver qu’il est, tout comme les chevaux, capable de boucler la distance des 100 miles de la Western States Trail Ride (course de montagnes à cheval de 166km) en moins de 24h. Il bouclera son exploit en 23h42min! L’Ultra-Trail était né. Sur cette même épreuve s’élanceront, en 1977, 14 coureurs encadrés par le vétérinaire de course. Trois seulement arriveront à terminer l’épreuve.

 

En 1984, Patrick Bauer boucle 350km en 12 jours dans le désert marocain. Il créera, 2 ans plus tard, le mythique marathon de sables avec 23 coureurs au départ sur un parcours en 6 étapes de 20 à 80km, pour une distance totale d’environ 240km.

Ultra Trail
Marathon des sables

Ce phénomène du trail s’est diffusé en France au début des années 90 notamment grâce au Raid Gigondas-Ventoux, une course de 94km à travers la nature ou encore la 6000D à La Plagne, qui existent toujours. Le déclic a eu lieu en 1995 avec la grand Trail des Templiers sur les plateaux du Larzac qui a bénéficié à l’époque d’un intérêt médiatique certain.

Puis s’est opérée cette bascule en 2003 vers l’Ultra-Trail, avec la première édition de celui du Mont-Blanc, précurseur, devenu l’un des temps forts de la saison mondiale avec 166km et 9 500 mètres de dénivelé positif.

Ostéopathie
TDS Ultra Trail Mont-Blanc

 

 

PHYSIOLOGIE DU TRAILEUR:

La grande majorité des Ultra-Trails s’effectue en montagne. Le dénivelé positif (ascension) demande au coureur des qualités musculaires concentriques couplées une bonne VO2max et une bonne gestion du coût énergétique pour gérer l’ascension le plus efficacement possible. En dénivelé négatif (descente), les appuis sont plus lourds, plus cassants, plus traumatisants. Le travail excentrique met les fibres musculaires à rude épreuve. Cela majore le risque de d’inflammation provoquées par le travail de freination en descente qui provoque de fortes tensions, vibrations et échauffements sur les tendons et fascias. Le pied attaque la descente en flexion plantaire (pointe de pied orienté vers le bas) sur des terrains accidenté ou la vigilance est de mise à tous les appuis. et majore le risque d’entorse. Le travail technique du pied, par des exercices adaptés, est primordial.

Le système proprioceptif est lui aussi très sollicité dans l’équilibre, la précision des appuis au sol, pour éviter les différents obstacles du terrain.

 

L’entraînement pour ce genre d’épreuves se prépare pendant de long mois voire des années à l’avance (pour les plus longs Ultras) et surtout progressivement ! C’est souvent ce manque de progressivité et de rigueur qui entraînera des pathologies et des abandons durant l’épreuve. Le commun des mortels est aujourd’hui avide de performances en un minimum d’effort et d’entraînement.

Pour atteindre ses rêves, il faut d’abord les travailler!

 

QUEL SONT LES MOTIFS D’ABANDONS ?

Une étude menée en 2009 par le Club Mont-Blanc Cœur et Sport[i] sur les motifs d’abandons de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (166km), de la TDS (106km) et de la CCC (99km) a montré que les troubles principaux étaient d’ordre orthopédique (musculaire, tendineux, articulaire, osseux), digestifs (nausées, vomissements), cutanées (brûlures, échauffement cutané) et d’épuisement.

 

Les pathologies courantes observées en Ultra-Trail sont [ii] :

  • Tendinite de la dorsiflexion du pied,
  • Tendinopathie d’Achille,
  • Tendinopathie patellaire,
  • Syndrome fémoro-patellaire
  • Syndrome de l’essuie-glace,
  • Syndrome de la patte d’oie,
  • Syndrome de stress tibial
  • Les lésions du quadriceps,
  • Les bursites trochantériennes,
  • Les bursites du psoas,
  • Les tendinopathies des extenseurs des orteils,
  • Les entorses de cheville,
  • Les lésions des gastrocnémiens,
  • Les tendinopathies du long extenseur de l’hallux, des fibulaires, les lésions du tibial antérieur.

 

QU’EST-CE QUE L’OSTÉOPATHIE ?

La philosophie de l’ostéopathie est fondée sur des techniques manuelles visant la conservation ou la restauration de la mobilité des différentes structures de l’organisme. C’est une méthode thérapeutique à visée préventive et curative basée sur l’idée que toute perte de mobilité naturelle des organes au niveau musculaire, tendineux, viscéral, crânien ou des enveloppes induit des dysfonctionnements. L’ostéopathie a une vue globale du corps, elle ne se concentre pas sur une douleur, un symptôme et considère que la remise en fonction de la mécanique corporelle peut entraîner une régulation de l’homéostasie. C’est donc la capacité de l’organisme à conserver son équilibre de fonctionnement en dépit des contraintes qui lui sont extérieures.

 

 

L’OSTÉOPATHIE, UN COMPLÉMENT DE L’ENTRAÎNEMENT ?

Le côté préventif est fondamental. En étroite collaboration avec l’équipe médicale, l’ostéopathe joue un rôle déterminant. Les sportifs soumettent leur corps à un certain nombre de contraintes biomécaniques importantes : les articulations, les muscles, les tendons, les ligaments sont sollicités. Le rôle de l’ostéopathe est de repérer et traiter ses dysfonctions posturales, musculo-squelettiques, viscérales et de les corriger. L’ostéopathe coupe en amont une série de compensations silencieuses que le corps organisait pour échapper à la douleur. Ces compensations peuvent entraîner des micro-restrictions de mobilité et perturber le geste sportif. Par conséquent, cela oblige le Traileur à forcer son mouvement, ce qui entraîne une blessure certaine.

 

Il est donc primordial pour un Traileur de consulter un ostéopathe en dehors de toute douleur ou problème particulier avec 3 à 4 séances par an bien réparties par rapport au programme de sa saison sportive.

 

 

 

[i] ISNARDON S., POLETTI L., Motif médical des abandons Ultra-trail du Mont-Blanc Edition 2009, [en ligne]. 2010. [Consulté le 10.12.2015]. Disponible à l’adresse : http://www.clubcardiosport.com/documentation/00_congres_chamonix_2012/Ultra_endurance_Causes_abandon_UTMB_Chamonix_2010.pdf

 

[ii] HUTSON M.A., « Medical implications of ultra marathon running : observations on a six day track race » [en ligne]., Brit J.Sports Med.-Vol.18, n°1,mars 1984, p.44-45, [Consulté le 10.12.2015]. Disponible à l’adresse :

http://europepmc.org/backend/ptpmcrender.fcgi?accid=PMC1858850&blobtype=pdf

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Guillaume Busnel

Webmaster du site « Café de l’Ostéopathie » et féru de sport: 400m haies, Ultra-Trail, Crossfit.
Cette passion m’a amené à étudier la physiologie, la bio-mécanique de l’entraînement dans différentes structures : BEESAN, BEMF, Licence STAPS, Master de préparation physique et sportive puis études d'Ostéopathie en 6ans au Campus d'Osteopathie ATMAN.

https://www.osteopathe-vallauris.com
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