« Tu fais de l’escalade ? C’est comme la varappe c’est ça ? »

Quel grimpeur ne s’est pas un jour retrouvé à répondre à cette fameuse question ? Alors non Messieurs Dames, l’escalade ce n’est pas vraiment comme la varappe. La varappe c’est un mot, un peu désuet et légèrement ringard d’ailleurs, qui désigne l’escalade libre. C’est-à-dire une technique d’ascension exigeant de se servir du matériel uniquement pour se sécuriser et de ne pas s’en aider pour progresser. La grande majorité des performances en escalade s’effectuent selon ce principe, en revanche l’escalade avec un grand E est bien plus riche et diverse que cela…

 

Essayons d’y voir un peu plus clair…

Il existe donc plusieurs formes d’expression à l’escalade, toutes différentes et à la fois complémentaires les unes des autres.

 

Tout d’abord, la plus connue du grand public, l’escalade sportive, qui consiste à évoluer dans des voies qui ont été « ouvertes » c’est-à-dire dans lesquelles des ancrages (appelés spits ou plaquettes) ont été placés dans le rocher afin de se sécuriser, le grimpeur n’a alors plus qu’à les suivre. Majoritairement ce genre de voies se grimpent en libre c’est-à-dire, comme expliqué ci-dessus, en ne se servant des points d’ancrage que pour se sécuriser et non pour s’aider à progresser. Cependant il existe une pratique où il est autorisé d’avancer en s’aidant des points qui s’appelle « l’artif ».

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Exemple de voie « sportive »

 

Il existe ensuite l’escalade « trad ». Le grimpeur évolue alors dans des lignes où aucune protection n’est posée, il devra donc lui-même se sécuriser en plaçant des « coinceurs » dans des fissures ou dans toute autre forme du rocher lui permettant de placer une protection qui ne se délogera pas en cas de chute…
Là encore la distinction est faite entre ascension en libre et en artif.
Tout comme pour l’escalade sportive le trad peut s’effectuer sur des voies d’une longueur (généralement entre 20 et 50 mètres) ou sur des voies scindées en plusieurs longueurs (plusieurs centaines de mètres).

 

Enfin, il nous faut parler du bloc, discipline se pratiquant sur des problèmes n’excédant généralement pas 7 ou 8 mètres (au-delà cela s’appelle des « high-ball ») et se gravissant sans corde. On place alors des « matelas » appelés crash-pad au pied du bloc et on choisit des copains de confiance pour la « parade » qui consiste globalement à faire en sorte que le grimpeur atterrisse sur le crash-pad en cas de chute ! Cette discipline est beaucoup plus explosive car, contrairement aux voies qui requièrent de grandes capacités dans la filière de résistance, ici la principale qualité physique nécessaire est la force, car l’effort est court et intense.

 

DSC_0054Exemple de bloc à Annot

L’escalade en compétition se pratique sur structures artificielles et ses différentes disciplines (la difficulté, le bloc et la vitesse) feront l’objet d’articles ultérieurs.

 

On est pas censé être au café de l’Ostéopathie ici  ???

Il devient donc évident que l’escalade demande une grande polyvalence ! En effet un grimpeur, ne se cantonnant que rarement à une facette de son art, devra être capable de développer de la résistance et souvent même de l’endurance, mais il devra également travailler la force pure et l’explosivité.
Le grimpeur sera également amené à effectuer différents gestes techniques propres à l’escalade, qui sont bien souvent mécaniquement assez traumatisants, c’est ici que l’ostéopathie entre en scène !

 

En effet l’ostéopathe pourra ainsi accompagner le grimpeur afin de ré-harmoniser ses structures et l’ensemble de son corps dans le but de corriger les pertes de mobilité articulaires responsables à long terme de blessures (tendinites, déchirures, ruptures etc…). De plus, l’escalade contrairement à d’autres sports, demande des qualités physiques pour lesquelles nous ne sommes pas particulièrement « prévus », en effet les muscles de la loge antérieure de l’avant-bras (muscles principalement recrutés lors d’un effort de résistance dans une voie) ne sont pas conçus pour des efforts longs et intenses, ils sont pour la plupart assez grêles et fatigables. Il nous faut donc acquérir ces caractéristiques et ce physique de grimpeur. Chez le débutant qui ne les possède pas encore, ce type d’effort est mécaniquement et physiologiquement assez violent, ce qui a pour conséquence de créer plus facilement des restrictions de mobilité entre les structures du membre supérieur (notamment de façon marquée au niveau de la membrane interosseuse).
Enfin, il faut garder à l’esprit que lorsque l’on essaye de progresser en escalade la chute est inévitable et elle a évidemment des conséquences mécaniques sur notre corps.

 

Voilà donc de façon générale (et de ce fait assez réductrice) en quoi l’ostéopathe pourra accompagner la pratique du grimpeur, les nombreux points plus spécifiques feront l’objet d’autres articles plus détaillés.

 

Et du coup on a le droit de dire varappe ou pas ?

Voilà, maintenant vous saurez quoi répondre à qui vous demandera la différence entre votre activité préférée et l’ancestrale varappe de nos ainés ! En fait au fond c’est un peu la même chose… mais dire varappe c’est quand même « so eighties » 😉

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Vue sur la légendaire « Yosemite Valley » berceau de l’escalade aux Etats-Unis

 

Anouk Evene

Passionnée d'escalade depuis toujours, mon expérience au sein de l'Equipe de France Jeune m'a amené à découvrir l'Ostéopathie assez tôt et m'a donné envie d'en faire mon métier!
J'exerce aujourd'hui en cabinet à Cagnes sur Mer, je m'occupe également du suivi ostéo du groupe compétition de l'US Cagnes Escalade et bien sur je continue de grimper aussi souvent que je le peux!


Où trouver le Cabinet:0493208176
9 Rue du Chevalier Martin, Le Sainte-Luce B
06800 Cagnes sur mer

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