SKI et Ostéopathie

Le ski, ce sport multi-facettes qui permet de parcourir la montagne (du moment que la neige est présente…) gagne une multitude d’adeptes chaque année. Sa pratique évolue et se diversifie, augmentant, de fait, le risque potentiel d’accident. Au fur et à mesure de nos publications, nous allons présenter ces différentes pratiques afin de mettre en évidence les blessures potentielles auxquelles s’exposent ses pratiquants et comment l’ostéopathe peut contribuer à les éviter.

 

Les différentes pratiques :

La pratique la plus courante du ski s’effectue sur piste. Dans cet environnement la neige est préparée et damée et tout est fait pour sécuriser au maximum les descentes (signalisation des zones dangereuses, mise en place de matelas sur les piliers de télésièges, etc…). Cependant il est quand même possible de se faire mal. Sans parler des accidents causés par des collisions entre utilisateurs de la piste, l’évolution du matériel et l’apparition des skis dits « paraboliques » a fait évoluer la technique du skieur lambda d’un ski en dérapage, c’est-à-dire en laissant l’arrière du ski glisser pour faire un virage, à celle du carving où la totalité du virage s’effectue en appui sur la carre, amenant ainsi son lot de mouvements non physiologiques. Cette technique est une copie de celle utilisée par les skieurs professionnels lors de leurs épreuves, notamment celle du géant.

 

Ted Ligeti qui « met de l’angle! » Observez la position des genoux.

 

On a ensuite la discipline du freeride, c’est–à-dire la pratique du ski en dehors des pistes.

Ses pratiquants recherchent la poudreuse comme le Graal, ce qui peut les amener parfois à marcher dans la neige pour avoir accès à un couloir ou une face. Ici la vitesse n’est pas l’objectif principal bien qu’elle arrive de fait avec la progression dans la descente. Les sensations procurées par cette pratique sont très différentes de celles sur neige damée. Il existe néanmoins deux grands types de skieurs freeride : ceux qui préfèrent skier dans des grandes combes en faisant de grands virages, qui privilégient la sensation de glisse sur la poudreuse, et ceux qui recherchent des reliefs accidentés (barres rocheuses, congères etc..) pour les sauter, préférant la sensation de vol et les figures aériennes (tricks).

Aurélien Ducroz en pleine courbe.
Aurélien Ducroz en pleine courbe.

 

Sverre Liliequist en backflip au-dessus d’une barre rocheuse.
Sverre Liliequist en backflip au-dessus d’une barre rocheuse.

 

Enfin, les années 2000 ont vu apparaître le ski freestyle. Facilité par la création de snowparks sous l’impulsion des snowboarders, cette discipline est en plein essor depuis 15 ans. Dans un snowpark, on trouve toute sorte de modules. Les plus communs sont de type big-air (gros tremplin) et rail (barre métallique sur laquelle le skieur va « slider » soit glisser). La taille de ces modules est variable : de 3 à 20 mètres pour un big-air et entre 2 et 10 mètres pour un rail.

Jesper Tjadër au nine Kings 2014, en double backflip sur un big-air conséquent.
Jesper Tjadër au nine Kings 2014, en double backflip sur un big-air conséquent.

 

 

On s’aperçoit que skier ne se résume pas à descendre sur une piste ! Non seulement ce sport requiert une agilité, un toucher de neige et un équilibre poussés, mais une condition physique correcte est nécessaire pour pouvoir progresser sans se mettre en danger.

 

L’ostéopathie chez le skieur :

Les efforts du skieur sont le plus souvent brefs (1 à 2 minutes) mais se font à forte intensité. Il faut le prendre en compte lors de la préparation physique pour l’hiver. La technique de carving pour skier est traumatisante pour les articulations du membre inférieur en particulier : hanche, genoux et cheville sont en travail permanent et souvent non synchronisés (voir photo de Ted Ligeti en début d’article). Pour effectuer ces mouvements peu physiologiques sans risque d’abîmer ses articulations, il faut une totale liberté articulaire dans les zones concernées. Cela se remarque facilement sur les genoux : on constate une torsion alternée de l’articulation du genou lors d’un enchaînement de virages « carving » : sur un virage à droite les condyles fémoraux vont faire une rotation vers la gauche tandis que le plateau tibial (via l’appui sur la languette de la chaussure) va suivre la courbe du virage imposée par le ski et tourner à droite, contribuant ainsi à cette torsion intra-articulaire. Si ce mouvement est gêné ou modifié par une dysfonction, il ne pourra plus se faire correctement et on aura alors apparition de douleurs (douleurs articulaires, tendinites, etc,…) handicapant, de fait, le pratiquant (qui regrettera alors d’avoir acheté son skipass semaine !)

Par ailleurs, le complexe articulaire du bassin est la pièce maîtresse de la technique, puisque le haut du corps doit rester droit et face à la pente tandis que les skis décrivent les virages via l’action des membres inférieurs. Il assure donc un lien entre les mouvements du haut et bas du corps, et doit lui aussi être libre de toute dysfonction pour pouvoir être performant. L’ostéopathe peut aussi agir sur les fascias du corps afin de redonner de la souplesse et de l’amplitude à des zones trop rigides qui gêneraient le mouvement.

Enfin, chez le skieur freestyle, on rajoute à ce que l’on vient de décrire le côté traumatique dû aux chutes.

Ces différents point feront tous l’objet d’articles futurs où l’on verra de manière détaillée quels peuvent être les bénéfices pour un skieur d’aller consulter un ostéopathe.

matthieu marzin

matthieu marzin

Passionné de ski depuis l'âge de 3ans, j'ai évolué sur la plupart des disciplines. C'est avec plaisir que je vous ferais partager mon analyse ostéopathique de ce sport.
Diplômé d'Ostéopathie au Campus Ostéopathique ATMAN.
matthieu marzin

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