Quand Crocheter un Talon Rime avec Douleur au Genou

Quelle arme redoutable pour le grimpeur que le crochetage de talon ! En effet ce dernier nous permet de faciliter le transfert de notre poids vers la prise que l’on cherche à atteindre en améliorant de façon remarquable notre fermeture de bras, tout en soulageant une partie du poids reposant sur nos doigts ! Magique donc ! Cependant il arrive fréquemment que la réalisation de ce mouvement déclenche des douleurs à la partie externe et postérieure du genou, voyons de plus près les origines de ce phénomène et ses conséquences.

Un peu d’Anatomie…

Lors d’un crochetage de talon actif (c’est à dire lorsque l’on tire stalonur le talon et non lorsqu’on le crochète pour faire simplement « contre-appui »), si l’on essaye de simplifier les choses, les 2 mouvements effectués sont une flexion dorsale du pied et une flexion de la jambe sur la cuisse

 

En effet le grimpeur va commencer par effectuer une flexion dorsale du pied afin de venir positionner son talon sur la prise puis il initiera une flexion de la jambe sur la cuisse afin de tirer sur son talon.

 

Les principaux muscles rentrant en jeu sont alors ceux de la loge antérieure de la jambe et ceux de la loge postérieure de la cuisse

muscles

Principaux Muscles Fléchisseurs de la Jambe et du Pied

Parmi ces muscles, nous allons nous intéresser plus particulièrement au biceps fémoral (fléchisseur de la jambe), au tibial antérieur, au long extenseur des orteils et au long extenseur de l’hallux (tous trois fléchisseurs dorsaux du pied). Le point commun entre ces 4 muscles est qu’ils présentent tous une attache sur le péroné (ou pour le tibial antérieur sur la membrane interosseuse reliant le tibia et le péroné). Comme on le devine, les muscles de la loge antérieure de la jambe prennent leurs insertions à la face antérieure du péroné tandis que le biceps fémoral se termine lui à la face postérieure de sa tête, laquelle se trouve précisément au niveau de ce petit point douloureux que vous sentez parfois lorsque vous crochetez un talon !

L’anatomie c’est sympa mais on en fait quoi ?

Je sais, l’anatomie il n’y a bien que les ostéos que ça passionne, mais pas d’inquiétude nous arrivons au vif du sujet ! Comme nous l’avons mis en évidence ci-dessus, lors d’un crochetage de talon le péroné est soumis à des forces opposées, les fléchisseurs dorsaux du pied ont tendance à le tirer vers l’avant tandis que le biceps fémoral l’entraîne vers l’arrière. Dans un monde parfait les forces s’équilibreraient et nous n’aurions jamais cette petite douleur à la face postéro-externe du genou ! Mais seulement voilà, le monde n’est pas toujours parfait et l’effort fourni pour tirer sur le talon déploie bien plus de puissance musculaire que celui fourni lors d’une dorsiflexion du pied ! Il arrive donc que, parfois, lorsque l’on tire vraiment trop fort sur un talon, lorsque l’on force à froid ou lorsque l’on a simplement mis 50 runs dans le même bloc, la tête du péroné se « bloque » vers l’arrière créant ainsi un déséquilibre au niveau du genou qui entraînera à court terme cette petite douleur lors des prochains crochetages de talon.

Quelles conséquences à long terme ?

Le péroné est un élément clé du membre inférieur. Une fois placé dans cet état de dysfonction il entraîne des pertes de mobilités articulaires, tout d’abord dans son articulation avec le tibia au niveau du genou, mais également au niveau de la cheville. Ce qui, à long terme, déstabilise l’intégralité de la mécanique du membre inférieur et par voie de conséquence, à plus long terme encore, celle du bassin et du rachis. En conclusion, si elle est récurrente, cette petite douleur peut être le signal d’alerte vous indiquant d’aller consulter votre ostéopathe car bien qu’elle ne soit pas très handicapante, elle peut être la source de douleurs plus importantes et plus pénalisantes dans le futur !   

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Comment éviter au mieux ce type de « blocages » ? 

Comme nous le disions ci-dessus, ce n’est que dans certains cas bien précis que ce type de dysfonctions se met en place. Pour éviter au maximum de se retrouver dans ce genre de situation, les conseils sont assez classiques. Tout d’abord bien s’échauffer et ne pas tirer trop fort sur un talon alors que l’on est encore froid (pour les moins adeptes de cette notion s’échauffer signifie ne pas commencer votre séance par ce bloc dur que vous étiez à deux doigts de sortir la séance dernière 😉 ). Ensuite, penser à bien étirer la loge postérieure de la cuisse en fin de séance (en veillant à le faire de façon adéquate pour plus de détails voir l’article d’Arnaud « Les étirements ne favorisent pas toujours la performance, ni la récupération« ). Enfin, si ce type de douleur revient chez vous de façon récurrente, il peut être judicieux de renforcer les muscles de la loge antérieure de la jambe afin de « gainer plus solidement » le péroné, en effectuant, par exemple, des dorsiflexions du pied retenu par un élastique.

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Exemples d’étirements de la loge postérieure de la cuisse

Sur ce, à vos chaussons et bonne grimpe ! 🙂   

 

 

Anouk Evene

Passionnée d'escalade depuis toujours, mon expérience au sein de l'Equipe de France Jeune m'a amené à découvrir l'Ostéopathie assez tôt et m'a donné envie d'en faire mon métier!
J'exerce aujourd'hui en cabinet à Cagnes sur Mer, je m'occupe également du suivi ostéo du groupe compétition de l'US Cagnes Escalade et bien sur je continue de grimper aussi souvent que je le peux!


Où trouver le Cabinet:0493208176
9 Rue du Chevalier Martin, Le Sainte-Luce B
06800 Cagnes sur mer

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