Ostéopathie et triathlon

Mais pourquoi tu fais ce sport de dingue ?! C’est la question qui revient souvent aux oreilles des triathlètes. En effet un sport ne leur suffit pas mais ils en font 3 différents. Ce sport, pratiqué intensivement est très contraignant pour l’organisme, pouvant même devenir néfaste pour la santé. Edouard Hervé, ostéopathe du sport et triathlète, nous en dit plus.

Qu’est-ce que le triathlon ?

Natation, vélo et course à pied : le triathlon enchaine ces trois activités d’endurance. Chacune d’elles provoque des blessures emblématiques.

Le triathlon devient discipline olympique en l’an 2000 aux Jeux Olympiques de Sydney sur la distance « M » soit 1 500 m de natation, 40 km de vélo et 10 km de course à pied. Les formats vont du sprint « S » (750m/20km/5km) à la distance IRON MAN (3,8km/180km/42km ) et même au-delà avec l’ultra.

Les triathlètes sont des sportifs d’endurance avec une V02max élevée (c’est la quantité d’oxygène maximale que vous pouvez consommer par minute et par kg)

Sa spécificité est la performance dans 3 disciplines et cela demande de nombreuses heures d’entrainement, (bien supérieures aux recommandations du sport santé avec ses 5 fois 30 min par semaine) avec une moyenne de 15 à 20 heures par semaine pour la préparation d’un Iron man, parfois au préjudice de sa santé.

Quoi ! l’ostéopathie c’est pas que pour les os ?

L’ostéopathe a pour but de trouver les causes et non pas seulement de traiter la symptomatologie douloureuse. Pour cela, un interrogatoire précis de 10-15 min est établi pour comprendre pourquoi aujourd’hui une douleur particulière est présente. Après avoir pensé à un diagnostic différentiel et éliminé les causes du matériel, de l’alimentation, de l’entrainement entre autres, nous faisons un bilan ostéopathique à la recherche de zones de restrictions de mobilités, créant une sur-sollicitation de zones compensatoires. Pour plusieurs raisons le corps ne compensant plus, laisse apparaître la douleur. C’est pour cela qu’en général, le traitement ne concerne pas « directement » la zone « qui fait mal ». Le traitement ne fait pas forcément « craquer » mais est adapté au patient grâce à plusieurs types de techniques « douces » tels que le viscéral, le myofascial, l’énergie musculaire ou le crânien.

photo nat

L’œil de l’ostéopathe

 Une étude épidémiologique réalisée en 2009* chez les triathlètes montrait que 52,4 % des triathlètes déclaraient s’être blessés au cours de la saison précédente, contre 83 % des coureurs à pied. La pratique des 3 sports a un risque plus faible de blessures que la course à pied seule. La course à pied, en triathlon, est la plus traumatisante, représentant 72,5% des pathologies du triathlète.

Les blessures surviennent aussi bien chez le débutant enthousiaste que chez le triathlète confirmé augmentant sa charge d’entraînement. L’ostéopathe va harmoniser et corriger les différents déséquilibres dus à la pratique intensive du sport.

3 disciplines : 3 blessures à éviter

Syndrome fémoro-patellaire : en cyclisme, attention à vos rotules. Ce syndrome regroupe plusieurs symptômes douloureux de rotule. Sachez que le genou pivote naturellement lors de la flexion-extension lors du pédalage. S’il y a un déséquilibre limitant cette rotation automatique, la rotule ne pourra pas glisser harmonieusement dans son couloir osseux.

La tendinopathie d’Achille : courir un marathon (42km) n’est pas physiologique et vous l’imaginez cela est traumatisant pour les pieds et leurs tendons. Lors d’un kilomètre, il existe plus de 800 contacts pied/sol, le pied recevant à chaque impact 5 à 8 fois le poids du corps. Ces énormes contraintes provoquent des déséquilibres qui se répercutent en douleur lorsque le corps dit stop. Voir l’article « La tendinite n’existe pas » cliquez ici

Tendinopathie de la coiffe des rotateurs : en natation, attention aux tendons de vos épaules ! En crawl, vos bras réalisent des mouvements de très grande amplitude. Ainsi, les tendons profonds, ceux qui recouvrent le sommet de l’humérus vont cogner sur les reliefs osseux de l’omoplate. Un manque de mobilité (corrigé par l’ostéopathe) va accentuer le processus douloureux.

D’autre pathologies fréquentes sont prises en charge en ostéopathie : entorses , périostites , tendinopathie du moyen fessier, syndrome de l’essuie-glace qui surviennent plutôt en course à pied.

Les gonalgies, tendinopathies de la patte d’oie et lombalgies sont plus marquées à vélo

Les tendinopathies reviennent souvent car l’hyper utilisation intense et répétitive du geste du triathlète est un facteur de risque majeur. (Voir article « La tendinite n’existe pas »).

L’avantage de ce sport en cas de blessures est que l’on peut par exemple continuer de nager et de rouler en cas de tendinopathie du membre inférieur. De même en cas d’épaule douloureuse, on pourra privilégier la brasse et profiter de la pratique du vélo pour renforcer les muscles fixateurs de l’omoplate et abaisseurs de la tête de l’humérus… exactement ce que l’on travaillerait lors d’une séance de kinésithérapie qui est complémentaire et nécessaire à l’ostéopathie.

Intérêt pour la performance d’intégrer l’ostéopathie

La consultation préventive en ostéopathie n’est pas encore systématique dans la tête des gens, on attend d’avoir mal pour prendre rendez-vous. Chez les sportifs, cela devrait être systématique tout comme l’est la visite médicale de non-contre-indications. Car le sportif pourrait alors éviter une blessure, une gêne ou une douleur qui nuirait à sa performance.

Une meilleur mobilité du corps permet au sportif d’effectuer un meilleur geste sportif et donc d’être plus performant.

Il est important de maintenir le corps dans le meilleur équilibre possible, associé à une bonne hygiène de vie, afin d’améliorer ses performances grâce à une meilleure récupération.

En rééducation post-traumatique, la prise en charge ostéopathique couplée à celle du kiné permet un gain de temps pour le retour sur le terrain .

triathlon21

Quand voir son ostéopathe ?

On conseille au triathlète de voir un ostéopathe en prévention au moins 3 fois dans la saison  (intersaison, début et au milieu) et plutôt mensuellement s’il présente des antécédents, une douleur ou suite à une chute qui peut être le point de départ d’une tendinopathie récalcitrante.

Références :

Galera, Olivier, Prévalence des lésions traumatologiques chez les triathlètes de la ligue Midi-Pyrénées, Sport & Santé – Spécial Triathlon , n°21, juillet 2010, p31-33.

Galera et al., Hors Série Spécial triathlon SantéSportMagazine, 2013.

 

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edouard hervé

Edouard Hervé, Ostéopathe D.0 (école en 5 ans agréée par le ministère de la santé)
Ostéopathie musculo-squelettique , viscérale et crânienne.
Ostéopathe du sport dans l’équipe cycliste professionnelle Giant-Alpecin
Autres prestations : kinésio-taping, physionutrition, prise en charge du sportif blessé
Région Nord-Pas-de-Calais
Site : www.edouardherve-osteopathe.fr
edouard.herve@gmail.com
Tél : 06.98.11.83.93
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